Margot : « Refaire les vendanges, je dirais oui sans hésiter »

 
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Margot, 23 ans est étudiante en photographie, elle nous raconte son expérience vendanges en Suisse.

 
 

Racontez-nous brièvement votre expérience. Qu’est ce qui vous a poussé à faire les vendanges ?

Tout d’abord j’aime le travail manuel, je ne suis pas du genre à travailler toute la journée derrière un bureau, j’ai besoin de bouger, de voir du monde de me sentir active physiquement. Pour moi, la fatigue mentale est plus dure que la fatigue physique. Sinon je n’avais pas de rentrée d’argent. Pendant l’été, une amie avec qui je travaillais en tant que serveuse dans un resto m’a proposé d’aller faire les vendanges en Suisse. Je me suis dit pourquoi pas, je n’avais rien à faire de spécial, je devais remonter à Paris et donc payer mon déménagement.

Comment étiez-vous rémunérée ? Étiez-vous nourrie, blanchie, logée ?

Comme j’ai fait les vendanges en Suisse, j’ai été rémunérée en francs suisses mais il y a beaucoup d’endroits pour faire du change. En effet, pas mal de gens de l’Union Européenne vont là-bas car c’est bien mieux payé, en plus tu es logée (pour ma part j’avais une chambre avec ma copine, une salle de bain et des toilettes, donc le top, et nous n’étions pas obligé de passer par la maison des propriétaires pour rentrer chez nous), nous étions blanchies, ça tombe bien (parce que le raisin ça tâche et ça colle très fort), et nourrie bien sur. C’est des tablées de rois matin midi et soir, sans parler des pauses goûters et des pauses apéros…

Qu’avez-vous appris sur le vin, sa fabrication ?

Déjà, j’ai appris une étape de sa fabrication, à savoir la coupe, mais ce n’est rien comparé au travail en amont et en aval que les propriétaires ont. Toute l’année, toute la semaine, du matin au soir, il faut donner sa vie, son dos pour sa récolte, et même si maintenant les vignerons sont bien couverts par les assurances, en 5 minutes de grêles, on peut perdre des mois de récoltes. C’est très frustrant. Ensuite le raisin demande beaucoup d’attention et de délicatesse, c’est un fruit fragile. La fabrication après la récolte demande beaucoup de savoir, selon les différents cépages que l’on traite. Mais c’est un milieu à découvrir.

Avez-vous gardé contact avec vos collègues, vos employeurs ?

Oui bien sûr, pas avec tout le monde ; tu as forcément plus d’affinités avec certains qu’avec d’autres, mais vivre pendant 15jours, en total autarcie parce que la ville est loin à pieds et que tu n’as pas de moyen de locomotion, ça ressert les liens, et tu en apprends beaucoup sur les personnes que tu côtoies 24h sur 24h.

Allez-vous refaire les vendanges ?

Si je pouvais refaire les vendanges tout de suite, je dirais oui sans hésiter. C’est un milieu à part, une atmosphère particulière, que chaque vendangeur ne veut décrire aux personnes n’ayant jamais fait cet expérience. C’est un moment privilégié, très dur physiquement mais tellement chaleureux agréable, simple, différent, comme on a du mal à trouver de nos jours. Mais malheureusement, ça tombe souvent pendant les rentrées scolaires, et les dates des vendanges ne sont fixées réellement qu’une ou deux semaines avant le grand début…Mais si j’ai l’occasion, je cours !